Réaction aux résultats du premier tour de l’élection présidentielle du 23 avril 2017

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Chers Amis,

Nous connaissons depuis environ 20 heures, les résultats partiels du premier tour de l’élection présidentielle : Emmanuel MACRON (En Marche) et Marine LE PEN (Front National) sont qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle qui se déroulera le 7 mai prochain.

Ainsi, le candidat de la droite et du centre, François FILLON arrive en 3ème position et est éliminé de ce premier tour, à peine devant le candidat d’extrême gauche Jean-Luc MELENCHON.

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J’en retiens plusieurs enseignements et conséquences.

L’échec total des primaires

Depuis des années, les grands partis français qu’il s’agisse de la droite ou de la gauche vantent les primaires, processus électoral à l’américaine permettant de désigner le candidat à l’élection présidentielle, des primaires « ouvertes » où tout électeur français peut y participer sous la seule réserve de signer une charte d’appartenance, très peu respectée au passage.

La primaire ouverte de la droite et du centre a désigné très largement un candidat, qui n’était pas le favori, François FILLON. Succès incontesté et incontestable, il est peut-être à l’origine de la difficulté de trouver un plan B début 2017 alors que cette alternative me semblait plus que nécessaire à l’heure où les affaires, justifiées ou non, troublaient profondément l’opinion publique et rendait la victoire de la droite (fracturée) difficile.

Il est inutile de rappeler comme la primaire de la gauche est un échec avec la désignation d’un candidat poids plume qui n’aura même pas eu le soutien de la plupart des responsables du PS et notamment du candidat arrivé en 2ème position et Premier Ministre socialiste de 2014 à 2017, Manuel VALLS, qui annoncera quelques semaines avant le premier tour son soutien à Emmanuel MACRON.

Un besoin de renouvellement des visages

Le score important d’Emmanuel MACRON arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle traduit un besoin de renouvellement des visages au sein de la classe politique française. Il se présentait comme neuf, semblait l’être en apparence (même si ce n’est totalement le cas), et aura su construire une équipe et une campagne en partant de rien et tout cela en quelques semaines. Son parcours sera sans doute étudié en sciences politiques pendant des années…

Je parle d’un besoin de renouvellement des visages car sur le plan des idées, avouons-le, ce n’est que la continuité avec quelques idées nouvelles et surtout un bel emballage, du quinquennat de François HOLLANDE dont Emmanuel MACRON a été le conseiller, le ministre et le candidat.

Des candidats nombreux et d’une utilité relative

C’est une évidence, la règle des 500 parrainages permettant de présenter sa candidature à l’élection présidentielle n’est plus suffisante à éviter les candidatures « originales » et sans intérêts pour notre démocratie.

Rappelons-le, les 4 candidats arrivés en tête recueillent plus de 80 % des voix avec environ 20 % chacun.

Bien sur que nous devons vivre dans une république démocratique où chacun peut défendre ses idées, ses valeurs, son programme. Pour autant, force est de constater, et ce n’est pas la première fois, que les Français ne se retrouvent pas dans ces petits candidats.

Ce résultat est peut-être aussi la conséquence des sondages qui, depuis des mois (si ce n’est pas des années), nous annoncent toujours que tout est joué. Un jour, nous devrons aussi nous interroger sur ces sondages qui influencent les gens (le score de Benoit HAMON, candidat socialiste me semble assez démonstratif de ce point) et cela, même pendant la période de campagne officielle.

Une démocratie orientée par les sondages, ce n’est pas bon. Rien ne devrait être joué avant le jour du scrutin. A qui appartient le pouvoir, aux médias ou au Peuple ? La question reste ouverte…

Une montée sans commune mesure des extrêmes

Avec plus de 40 % des voix pour l’extrême droite et l’extrême gauche au premier tour de l’élection présidentielle, cela confirme une radicalisation de l’opinion que l’on constate depuis plusieurs années et qui montre également à mon sens, que les Français jugent que les grands partis de gouvernement (en tout jusqu’ici…) ne semblent plus capables de répondre à leurs préoccupations.

Il y a une forme de raz-le-bol général de la classe politique tiède qui ne sait pas prendre ses responsabilités et les décisions courageuses qui s’imposent, mais aussi d’une inégalité croissante dans notre société, un sentiment d’injustice.

Quelles conséquences pour le second tour de l’élection présidentielle ?

Je retiens deux conséquences du premier tour à prendre en compte pour le second tour de l’élection présidentielle.

La responsabilité de notre candidat

Notre candidat, pour lequel j’ai voté au second tour de la primaire de la droite et du centre et pour lequel j’ai voté lors de ce premier tour de l’élection présidentielle, n’a pas su prendre ses responsabilités en se retirant au bénéfice d’un autre candidat de notre famille politique pour l’élection présidentielle.

Cette défaite est la sienne, et pas celle des militants qui comme moi, ont été choqués et ont exprimé leur des réserves sur le maintien de sa candidature dans la tempête que nous traversions.

La question n’est pas de savoir s’il est innocent ou non, s’il y a une manipulation des médias ou non, c’est se tromper de problème. La question était de savoir s’il était en capacité de mener cette campagne.

La responsabilité de notre candidat était de reconnaître son impossibilité à rassembler sur sa candidature une majorité de Français, alors même que nous savions que Marine LE PEN avait toutes les chances d’être qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle.

Si nous l’avions oublié, je rappelle que François FILLON avait déjà participé à la destruction de notre parti, l’UMP, lors de l’élection du Président de l’UMP en 2012 face à Jean-François COPE. La responsabilité était partagée, mais le prolongement de cette erreur est personnel.

Aujourd’hui, la droite qui était en position de remporter cette élection présidentielle et de construire une alternance à un quinquennat désastreux de François HOLLANDE, n’est pas qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle. Un 21 avril 2002 inversé ? Pire encore car nous étions la seule alternance possible et souhaitable, il y a encore peu de temps.

Dans la tempête que nous vivions depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, nous devions prendre nos responsabilités, cela n’a pas été le cas, nous en payons aujourd’hui le prix, et il est fort. J’espère que nous saurons en assumer les conséquences à l’avenir.

Le Front ne doit pas être National, il doit être Républicain !

Face à l’obscurantisme, à l’extrémisme, à la xénophobie et au racisme, mon choix pour le second tour est clair, je voterai pour Emmanuel MACRON, seul candidat encore en lice permettant de battre le Front National.

Ce sera difficile, et même pénible, mais c’est nécessaire. Nous devons faire barrage à l’extrême droite qui ne doit jamais parvenir au sommet de l’Etat. Notre Histoire sait ce qui arrive lorsque nous donnons le pouvoir aux extrêmes, jamais nous ne devons succomber à cette tentation de la haine.

Ce vote ne doit pas pour autant représenter un soutien en faveur d’un candidat ou de son programme car ce n’est pas le cas, c’est le choix de faire battre, quoi qu’il en coûte, le Front National.

Une alternance est encore possible !

Si nous avons perdu cette campagne présidentielle, une autre campagne va bientôt commencer, celle des élections législatives. Nous devons à tout prix faire gagner des candidats de la droite et du centre afin de nous permettre de former un gouvernement et de conduire une majorité parlementaire. Tout espoir n’est pas perdu pour permettre cette alternance, à nous d’y travailler et de nous battre sur le terrain avec les candidats de notre famille politique.

Nous pouvons réformer ce pays et lui apporter ce dont il a besoin : efficacité, égalité, modernité, fermeté !

Le slogan de la campagne de Nicolas SARKOZY lors de l’élection présidentielle de 2007, avec un petit ajout, est d’actualité, plus que jamais : Ensemble, tout est ENCORE possible !

Rassemblons-nous et ensemble, gagnons, pas juste pour notre famille politique, mais pour la France !

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